Le dilemme du Prince
par Patrice RAS (Morpho-psychologue Conseil)

Il était une fois...

Un jeune Prince qui vivait dans une contrée orientale au bord de la mer. Il avait tout pour être heureux, et sans doute l'était-il... sauf qu'il lui manquait l'Amour ! Mais sans Amour, qu'est-ce que le bonheur ? Un jour pourtant, une étrangère arriva dans son royaume. Elle était d'une beauté assourdissante, avec ses longs cheveux blonds et ses yeux bleus. Elle était surtout différente des autres : les hommes délaissaient leurs occupations, les femmes oubliaient leur rivalité archaïque, les enfants lui sautaient au cou...



Intrigué,

Le Prince l'invita en son palais et la fit parler longuement. Ils passèrent des nuits sur la terrasse, dans le parfum des orangers, à parler de son étrange univers : un soir enfin, elle accepta de révéler son secret : elle était une Sirène ! Alors il se laissa séduire (à moins que ce ne soit l'inverse ?). Quoi qu'il en soit, ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre...

Passionnément

Ils s'aimèrent passionnément et vécurent ensemble des jours heureux, aux quatre coins du royaume, allant d'îles en îles. A l'évidence, ils étaient fait l'un pour l'autre : à demi-mot, ils se comprenaient, les mêmes rêves ils partageaient. De plus, ils se complétaient parfaitement : les larmes de l'un trouvaient solution dans les sourires de l'autre et vice-versa.

La Sirène se languissait...

Mais au fur et à mesure que le temps passait, la Sirène se languissait : car elle avait une mission à accomplir, une mission vitale : transmettre la vie et être mère. Faute de quoi elle devrait retourner définitivement au fond des océans. Seule la maternité lui permettait de rester sur terre... sans mourir !

Malédiction!

Malheureusement, le Prince, était frappé d'une malédiction : une affreuse sorcière lui avait interdit d'être père, sous peine des plus terribles malheurs... Son père, le Roi, la mort dans l'âme, lui avait fait jurer sur ses ancêtres de ne jamais être père. Ce qu'il avait fait, à la fois par frayeur et par respect pour son vénérable.

La Sirène déprimait...

La Sirène déprimait, dépérissait à vue d'oeil et le suppliait de lui accorder cette faveur... Lui était écartelé entre son désir de satisfaire sa femme et celui de respecter son serment (et d'éviter la malédiction). Il devint nerveux, anxieux puis angoissé, mais il résistait envers et contre tout à sa demande.

Menaces!

Puis la Sirène, menaça son bien-aimé de "disparaître" et continuait de le harceler : pourquoi refusait-il obstinément de lui accorder ce que chaque femme obtient naturellement de son époux ? Désespéré, le Prince lui avoua qu'il ne se sentait pas capable d'assumer ce poids trop lourd pour lui. La Sirène lui sourit : elle se sentait capable d'assumer pour eux deux...

Vous voulez connaître la suite ? Mettez-vous à la place du Prince ! Que décidez-vous ?


Finalement, le jeune Prince accéda au désir de la Sirène : il lui fit un enfant...

Tout est bien qui finit bien ? Au contraire ! Dès qu'elle fut enceinte, la Sirère se recroquevilla sur elle-même, évita son homme et le fuya même... Elle révéla alors à son Prince une maladie grave qui pouvaient la tuer lors de l'accouchement... Cette maladie était inconnnue dans ce pays et elle le persuada de la laisser partir à l'étranger pour quérir un médecin compétent. Ils se retrouveraient après là-bas... Elle partit donc, seule dans un pays lointain. Très vite, il devint évident qu'elle ne reviendrait pas dans son pays. Le Prince, éperduement amoureux quitta son pays, son palais, sa famille, ses amis, pour la rejoindre. Il ne la retrouva que plusieurs mois ensuite. Il entra dans une maison, puis un jardin au fond duquel elle se reposait. Quand leurs regards se croisèrent, il comprit... que tout était fini ! qu'elle ne l'aimait plus ! qu'elle ne l'aimerait plus jamais ! Il avait tout perdu... pour elle ! et l'avait perdu aussi...

Mortalité de l'histoire : quoi qu'il décide, il ne pouvait garder celle qu'il aimait...


Conclusion :

  • A quoi bon se faire du mourron ? La plupart des choses que vous redoutez... arriveront quand même, quoi que vous fassiez...
  • Ne faites jamais quelque chose contre votre conscience... même si votre bien aimé(e) vous le demande ! (allusion à la phrase d'Einstein : "Ne faites jamais quelque chose contre votre conscience... même si l'état vous le demande !"



par Patrice RAS (Psychothérapeute)